Mond und Ernde vom Raumschiff Orion her gesehen.

Regard nouveau sur le satellite de la Terre lors de la mission spatiale Artemis-2. | Photo: Nasa

Un nouveau scénario rebat les cartes sur la naissance de la Lune. Le modèle classique suggère qu’un impact géant entre la Terre et la planète Théia, il y a 4 milliards d’années, a créé un disque de débris s’agglomérant rapidement en un bloc unique. Selon une étude de l’astrophysicien Jérémy Couturier, menée entre les universités de Genève et de Rochester (Etats-Unis), notre satellite serait plutôt né en deux étapes.

Pour le démontrer, il a simulé la trajectoire de 100 000 débris – 100 fois plus que les modèles précédents – et intégré la fragmentation réaliste: lors de chocs violents, les débris peuvent se briser au lieu de fusionner ou de rebondir. Résultat: après la collision, durant quelques décennies, plusieurs sous-lunes massives émergent d’un nuage de débris. Puis, sur 10 000 à 100 000 ans, les forces de marée éloignent ces corps de la Terre, les poussant vers des résonances orbitales. Ce mécanisme synchronise leurs mouvements, provoquant collisions ou éjections des astres superflus. Ce nettoyage orbital n’aurait laissé subsister que notre Lune.

«On ignore encore si la Lune est un résultat fréquent ou exceptionnel.»Jérémy Couturier

En raison du chaos du système, le scientifique reste toutefois prudent: chacune de ses quatre simulations n’est qu’«une variante parmi une infinité d’autres», un décalage d’un centimètre dans la position d’un débris pouvant en modifier radicalement l’issue. «On ignore encore si la Lune est un résultat fréquent ou exceptionnel. Pour trancher, il faudrait des milliers de simulations», précise Jérémy Couturier.

J. Couturier et al.: Two-stage formation of the Moon from accreting fragmentation and resonance captures. Astronomy and Astrophysics (2026).