Deux fillettes qui se disputent.

Les parents devraient surveiller de près les disputes entre frères et sœurs. | Photo iStock

Dans la plupart des familles, les disputes entre frères et sœurs font partie du quotidien. Mais où se situe la frontière entre une petite dispute inoffensive et la maltraitance, qu'elle soit psychologique ou physique? Quand une taquinerie devient-elle une insulte et une petite bagarre, une agression? Les enfants évaluent parfois ces situations différemment des adultes, en fonction des circonstances dans lesquelles survient une éventuelle violence. C’est ce que montre une étude menée par Luisa Weissberg, doctorante en sciences de l’éducation de l’Université de Zurich. Elle a analysé des données issues d’entretiens et de groupes de discussion avec 80 enfants âgés de 8 à 14 ans, dans le cadre d’un projet consacré au bien-être des enfants en Suisse alémanique.

«Mais Lara m’aime encore, même lorsqu’on se dispute.»Source: L. Weissberg (2026)

Les conflits potentiellement violents dans la fratrie figuraient parmi les thèmes souvent évoqués. Dans le cadre de son enquête, la chercheuse a présenté trois cas types à un autre groupe de cinq jeunes âgés de 13 ans. Alors qu’elle classait ces cas comme violents, les enfants n’étaient pas toujours d’accord entre eux dans leur évaluation. Certains relativisaient les comportements agressifs en les replaçant dans leur contexte. Ils estiment en effet moins grave qu’un enfant cadet frappe son frère ou sa sœur aînée que l’inverse. La raison: le plus jeune étant plus faible, il ne peut provoquer autant de dégâts. Ils ont rapporté qu’ils se crient dessus et cassent des objets sous le coup de la colère. «Le fait de se disputer beaucoup ou peu dépend de l’âge», selon un garçon.

Au cours de la discussion, les enfants ont cependant aussi fait des propositions pour résoudre ces disputes: ne pas se battre mais discuter entre eux, aller chercher les parents ou conclure des accords avec leur aide. Pour la chercheuse, cela indique que les enfants du groupe d’évaluation percevaient déjà quand les limites étaient franchies. «Les parents ou les adultes responsables ne devraient pas sous-estimer de tels conflits, mais les observer attentivement avant qu’ils ne dégénèrent en violence», recommande Luisa Weissberg. Car la violence entre frères et sœurs, bien que peu étudiée, est considérée comme la forme la plus courante dans le cadre familial.

L. Weissberg: Children’s views on the boundary between non-violent and violent sibling conflicts. Families, Relationships and Societies (2026)