Photo: Florian Fisch

Le «discours» tel que rapporté par les médias évoque la raison et un débat civilisé. Rien d’étonnant à cela, puisque ce concept trouve son origine dans de complexes théories académiques, notamment en linguistique ou en sociologie. C’est chez le philosophe Michel Foucault qu’il a pris une forme restée parmi les plus marquantes en sciences humaines. Il y voit des systèmes d’énoncés qui déterminent «comment penser un sujet et en parler», selon le site allemand Soztheo. Le discours serait étroitement lié au pouvoir. «Quiconque forge des concepts, définit des problèmes et produit du savoir influence également la réalité sociale.»

Selon Achim Landwehr, historien de la culture à l’Université de Constance, ce grand concept, fort d’une longue histoire, est «en passe de devenir un lieu commun». Même s’il est difficile de le prouver statistiquement, «son usage semble avoir considérablement augmenté». Une brève recherche dans les médias suisses montre que le terme «discours» est parfois employé dans le sens foucaldien. Chapeau! Mais souvent, sa seule utilité est de paraître plus intelligent et noble que «discussion» ou «débat». Cela donne raison à Achim Landwehr.