Yves Flückiger est président du groupement des Académies suisses des sciences a+. | Photo: Annette Boutellier

Dans un monde marqué par l’incertitude géopolitique, les tensions économiques et la compétition technologique, la Suisse ne peut se permettre l’isolement. La signature des Accords bilatéraux III n’est pas un simple ajustement technique, mais un choix stratégique pour l’avenir de notre pays, de notre recherche et de notre économie.

Depuis deux décennies, la Suisse s’est imposée comme une économie du savoir de premier plan grâce à des relations stables et structurées avec l’Union européenne (UE). Les Accords bilatéraux III visent à moderniser et pérenniser cette dynamique. L’accord sur la participation de la Suisse aux programmes européens garantit un accès durable aux programmes de recherche et de formation de l’UE. L’adhésion à Erasmus+ renforcera la mobilité des étudiants et apprentis, et permettra à nos hautes écoles d’intégrer pleinement les alliances d’universités européennes.

«Chaque partie demeure responsable de la mise en œuvre des accords sur son territoire, sans organe de contrôle commun, préservant ainsi la souveraineté réglementaire nationale.»

Certains craignent une perte de souveraineté. L’analyse méticuleuse des accords prouve le contraire: la Suisse a su négocier avec une habileté des avantages que peu d’Etats tiers, y compris le Royaume-Uni, ont obtenus. Nos diplomates ont arraché des concessions majeures: la Suisse ne devra pas reprendre une décision du tribunal arbitral, et si l’UE adopte des contre-mesures, celles-ci devront être strictement proportionnées, une garantie rare sur laquelle Bruxelles communique peu, en connaissance de cause. De plus, chaque partie demeure responsable de la mise en oeuvre des accords sur son territoire, sans organe de contrôle commun, préservant ainsi la souveraineté réglementaire nationale.

Les dispositions sur la libre circulation confirment cette maîtrise: le droit de séjour permanent reste réservé aux personnes actives durant cinq ans; le droit de résidence peut être retiré en cas de non-respect des critères d’intégration (langue, absence de dépendance à l’aide sociale). Enfin, la Suisse conserve la possibilité d’activer la clause de sauvegarde en matière d’immigration sans le consentement préalable de la Commission européenne.

«Le repli isole.»

Refuser la voie bilatérale reviendrait à affaiblir notre position internationale et à freiner l’innovation. Coopérer, au contraire, c’est affirmer une souveraineté ouverte, fondée sur la responsabilité, le partenariat et la connaissance.

Le repli isole. La coopération, elle, nous rend plus libres.